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PRATIQUER LE CONTENTEMENT

Tout nous pousse à vouloir davantage. Où que notre regard se pose nous sommes confrontés à la publicité à outrance, qu’elle soit directe (TV, Facebook, Youtube…) ou indirecte (placement de produits dans les films au cinéma ou chez des youtubeurs). D’ailleurs personne ne s’en cache, le concept de société de consommation est clair dans nos esprits.

Une étude IPSOS de mai 2013 sur l’importance du shopping chez les françaises fait ressortir qu’il est une source de plaisir pour 72% d’entres elles, mais aussi que 62% en sont des inconditionnelles. Il est intéressant de noter que 40% des françaises interrogées se disent prêtes à faire des sacrifices sur les dépenses alimentaires pour faire des achats plaisirs.

Comprenez moi bien, le désir d’acquérir n’est pas mauvais en soi. C’est ce désir non maîtrisé qui est un problème. Bien sûr que nous avons le droit de vouloir plus mais si cette envie est provoquée par une insatisfaction permanente de ce que nous avons déjà, nous nous faisons plus de mal qu’autre chose.

Ce désir non maîtrisé, appelé aussi convoitise, ne concerne pas que les femmes. Pour mettre tout le monde à l’aise je vais parler d’une histoire qui m’est arrivée. J’aime lire. C’est un vrai plaisir pour moi et du coup j’achète régulièrement des livres pour la lecture plaisir ou pour approfondir mes connaissances. Il y a deux ans j’avais décidé d’offrir des livres à mon frère pour son anniversaire. Je me rends donc dans une librairie et passe du temps à choisir les livres en fonction de ses goûts, ayant prévu d’y mettre entre 30 et 40 euros. Je passe à la caisse, mais le montant de la facture a avoisiné les 200 euros ! Le budget prévu pour mon frère a été respecté mais je n’ai pas su résister et je me suis acheté tout un tas de livres pour moi. Je n’étais pas en manque, j’avais déjà un sacré stock en attente chez moi et ces livres ne m’étaient pas essentiels à ce moment là mais je n’ai pas su me maîtriser et j’ai payé…

 

L’absence de contentement a un impact direct sur différent domaines de notre vie :

  1. Un impact sur notre santé : dans cette frénésie de vouloir toujours plus nous sommes dans l’obligation de devoir augmenter notre pouvoir d’achat pour assumer le budget que ça demande. Nous nous retrouvons alors à faire des heures supplémentaires, un petit job en plus, préférant ainsi sacrifier une partie de notre santé pour tenter de satisfaire nos frustrations.
  2. Un impact sur nos finances : selon l’INSEE le taux d’endettement des ménages français à bondit de 44% ces dix dernières années ! Le nombre de personnes ou ménages qui se déclarent en faillite personnelle n’a jamais été aussi important… Certains foyer se retrouvent à prendre de nouveaux crédit pour tenter de rembourser ceux qu’ils n’arrivent déjà pas à honorer.
  3. Un impact sur notre intellect : la convoitise vient peu à peu pervertir notre façon de penser. Nous commençons à croire que c’est le fait de ne pas gagner assez d’argent qui pose problème. Or c’est le fait de désirer trop qui est la cause du problème. C’est ce mode de pensée qui nous pousse à faire toujours plus de crédits, toujours plus d’endettement, toujours plus de sacrifices…
  4. Un impact sur nos relations : combien de familles se sont déchirés ou ont explosés à cause d’un problème de finances ? L’argent est même la première cause de dispute dans un couple.

Le pire dans tout ça c’est que généralement ce que nous avons acquis par convoitise ne nous procure qu’un sentiment de satisfaction éclair. La réalité nous rattrape vite : il nous faut autre chose, la version suivante, telle nouveauté…

Au cours de ma carrière professionnelle j’ai fait du recouvrement pour un opérateur téléphonique. Nous avions le dossier seulement 2-3 secondes avant d’avoir le client en ligne mais simplement au montant de l’impayé nous savions quel était le motif de l’impayé. Dans la quasi-totalité des cas c’était l’acquisition du dernier smartphone que le client n’arrivait pas à assumer financièrement une fois acquis. Je suis persuadé qu’il était ravi au moment où il l’a eu en main, il était enfin à la mode ! Mais il a rapidement été rattrapé par la réalité : ce téléphone n’était pas dans ses moyens. Un nombre incalculable de fois on m’a dit « mais si je vous paye, je n’aurai plus de quoi manger ! ». Effectivement plus de quoi se payer à manger mais il avait un téléphone à 700€ ! Téléphone qui serait de toute façon dépassé dans moins d’un an, il faudra alors acheter le nouveau…

Il est possible de vivre différemment le rapport que nous avons à nos possessions et nos désirs d’acquisition. Nous pouvons apprendre le contentement.

 

Apprendre le contentement :

  1. Refuser de se comparer aux autres : pourquoi se compare-t-ont aux autres en permanence ? Jean-Jacques Goldman l’a très bien résumé dans sa chanson « Les Choses » quand il dit « c’est plus je pense mais j’ai donc je suis ». De nos jours nous nous évaluons par rapport à ce que nous possédons. Petit à petit nous avons dérivé en liant nos possessions à notre valeur personnelle. Or la valeur de ce que nous possédons est totalement indépendante de notre valeur propre. Vous pouvez avoir toutes les richesses du monde mais être une personne minable tout comme être pauvre avec une valeur personnelle richissime, et inversement d’ailleurs. Juger notre valeur par rapport aux possessions des autres fait que nous sommes finalement possédés par nos possessions. Il nous faut apprendre à admirer sans avoir besoin d’acquérir. Quand nous nous extasions devant la beauté d’un paysage ou un tableau de maître nous n’imaginons pas l’acheter. Et bien nous pouvons appliquer cette admiration pure sur une belle voiture, une jolie maison : profiter de leur beauté sans pour autant vouloir les acquérir.
  1. Se réjouir de ce qu’on a : le problème majeur vient du fait que nous vivons dans le futur : « je serai heureux quand j’aurai ceci ou cela ». Ce raisonnement est malsain car même si ces nouvelles possessions pourraient nous rendre heureux, ce ne serait que l’espace d’un moment. Notre standing augmenterait en conséquences et nous voudrions à nouveau plus, sans compter que telle ou telle possession aura une nouvelle version qui fera passer la notre pour obsolète. Mais penser que quand nous aurons plus ou mieux nous rendra heureux nous empêche surtout d’apprécier ce que nous avons déjà. Si nous ne sommes pas heureux avec ce que nous avons, nous ne le serons pas davantage avec plus ou mieux. Le bonheur n’est pas d’obtenir tout ce que nous désirons, mais de jouir de ce que nous avons. Etre heureux c’est notre choix. Nous pouvons facilement trouver des joies simples qui nous rendent heureux : lire un livre, passer des temps de qualité avec nos proches, faire de la musique, faire une randonnée dans la montagne… Ca ne coûte rien, ou presque. Trouvez ces petites choses du quotidien qui vous rendent heureuses et capitalisez dessus. Si j’arrive à apprécier aujourd’hui ce que j’ai à sa juste valeur alors je saurai en faire de même quand j’aurai plus et donc mieux le gérer.
  1. Apprendre à donner : ça peut paraître paradoxal, mais pour apprécier ce que l’on a il faut savoir donner. Que l’on soit riche ou pauvre n’entre pas en ligne de compte. Acceptez le fait que tant que vous vivrez vous serez toujours plus pauvre que quelqu’un, mais aussi plus riche qu’un autre. Donner n’est pas une question de moyen mais un état d’esprit. Donner nous aide à apprécier d’avantage ce que nous avons. Pour ma part, tous les mois je donne un pourcentage de mes revenus à des associations, des œuvres ou des personnes. Ce pourcentage ne varie pas même si mes revenus baissent ou augmentent. Donner est la première chose que je fais en début de mois. Depuis que je pratique cela, il y a eu trois conséquences intéressantes dans ma vie : la première c’est que donner me procure beaucoup de bonheur, la seconde c’est que j’apprécie davantage ce que j’ai et j’en mesure mieux la valeur, la troisième c’est qu’en pratiquant le don (associé à d’autres choix) la gestion de mes finances à radicalement changé me permettant de vivre mieux sans pourtant gagner plus.
  1. Mettre notre énergie dans ce qui est durable : les possessions ne sont que des valeurs passagères, il est temps de réorganiser notre vie autour de valeurs permanentes ! Vous pouvez être le plus riche du monde aujourd’hui mais demain vous retrouver sans rien, nous en avons eu bien des exemples ces dernières années entre crises financières, gagnant du loto qui perdent tout en peu de temps, etc… En revanche une valeur durable n’est pas soumise aux fluctuations de la bourse : les relations. Se sont elles la vraie richesse. Il y a quelques années, lors d’une conférence, l’orateur a posé une question qui m’a interpellé : que voulez-vous que l’on écrive comme épitaphe sur votre pierre tombale ? Au terme de votre vie « il était riche » n’a plus aucune valeur… En revanche ce que vous aurez semé et investi dans les personnes en bâtissant des relations saines et solides aura un impact même après votre passage sur terre.

 

Que peut donner une vie de contentement ?

Pratiquer le contentement au quotidien va avoir des répercutions immédiates sur votre vie et sur votre entourage. Je vais me permettre de vous partager quelques exemples de ce que ça a produit chez moi.

Mon désir d’acquérir est maintenant maîtrisé et raisonné. Par exemple, il y a quelques années je choisissais le meilleur smartphone du marché quitte à avoir 100 € de facture par mois pour le financer ; aujourd’hui je renouvelle mon téléphone quand c’est nécessaire mais mon choix se fait en fonction de mes besoins pour qu’il y réponde pleinement. Depuis je trouve ce qui me convient parfaitement mais me coûte 4 à 5 fois moins cher que les leaders du marché, le tout en étant pleinement satisfait de mon achat. Ca peut s’appliquer aux voitures aussi : si un jour j’ai la possibilité d’acquérir et d’entretenir une Ferrari je le ferai, en attendant j’apprécie leurs courbes mais j’apprécie beaucoup plus ma voiture actuelle qui elle me permet de me déplacer et pas seulement en rêve !

Je ne tiens pas compte du rang ou de la richesse de la personne dans mes relations. Je considère que les autres peuvent m’apporter beaucoup, mais que je peux aussi leur apporter et ceci sans aucun rapport avec l’argent. C’est un véritable plaisir de bâtir des relations sur des bases saines, et je m’éclate plus que jamais à les développer et les entretenir.

Il y a également eu un impact direct sur mon estime personnelle en comprenant que je ne suis pas ce que j’ai mais que j’ai une identité propre avec une réelle valeur. Un jour je vous partagerai sans doute beaucoup plus sur ce point là. En attendant retenez juste que vous avez de la valeur, quoi que vous pensiez, quoi qu’on vous dise, c’est une vérité indiscutable et immuable.

 

Faites-vous un cadeau et enlevez-vous un frein dans votre vie : pratiquez le contentement !

4 réflexions au sujet de « PRATIQUER LE CONTENTEMENT »

  1. Très bel article sur la valeur des personnes et non pas des choses matérielles nouvelles et à la mode qui ne sont qu’éphémère dans le plaisir qu’elles apportent. La valeur d’un e personne et d’un cœur ne peut se juger à ses possessions matérielles. Les bonnes relations valent bien plus que le dernier smartphone. Merci pour cette prise de conscience et de repsitionnement des valeurs.

    1. C’est une petite prise de conscience, mais qui peut avoir un impact significatif sur notre vie ! Merci pour votre retour.

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