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LIVRE – Bertrand PERIER – La parole est un sport de combat

 Bertrand PERIER

Il se décrit lui-même comme un ancien timide maladif “à la limite de l’autisme pathologique” qui a réussi à se soigner grâce à la parole. Bertrand PERIER est avocat au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation. Il enseigne également l’art oratoire à Siences Po et HEC, tout en contribuant depuis 2013 au programme Eloqentia un concours d’éloquence pour élire le meilleur orateur de la Seine-Saint-Denis. Tu peux y voir son implication dans le film “A voix haute” de Stéphane de Freitas, je t’ai mis la bande annonce après la présentation de son livre.

La parole est un sport de combat – Editions JCLattès

 

 

 


QUAND L’ÉLOQUENCE DEVIENT UNE ÉVIDENCE…

 

Je ne vais pas te faire durer le suspense plus longtemps, ce livre est une perle. Pour être concret j’ai dévoré ses 216 pages d’une seule traite sans pouvoir m’arrêter. Bertrand PERIER a su avec sa plume faire un savant mélange entre conseil, témoignage personnel et exercices. En revanche il s’agit d’un livre qui se pratique et nécessitera une relecture de certains passages pour réaliser les exercices proposés.

Chaque séquence du livre est rédigée sur le même modèle :

  1. une explication du concept abordé appuyée sur un exemple vécu par l’auteur
  2. des exercices pratiques pour immédiatement commencer à appliquer le concept
  3. un récapitulatif des points importants à retenir

 

:: LA PAROLE, UNE ATTITUDE

Paradoxalement la parole n’est pas seulement faite de mots : c’est moi en entier, ça m’englobe complètement. La force de conviction d’un discours passe à 60% par la langage du corps, 30% par les inflexions de voix et seulement 10% par les mots. Avant même d’avoir commencé à parler devant un public j’ai renvoyé énormément de messages de part ma posture, le ton de ma voix, mon regard, ma gestuelle ou encore la gestion de mes émotions. Le non verbal se trouve être au final bien plus important que mon discours en lui-même, ainsi mon attitude doit être en accord avec ce que j’ai à dire pour ne pas dénaturer le message ou pire, dire le contraire.

 

Exemple d’exercice proposé : L’IMITATEUR

Pour voir tous ses défauts en terme de langage non verbal, l’exercice le plus cruel est évidemment de se filmer. Mais si vous ne pouvez pas le faire, demandez à quelqu’un de vous imiter après lui avoir fait un petit discours. En exagérant vos tics, vos gestes parasites, il vous en fera prendre conscience.

 

:: LA PAROLE AU QUOTIDIEN

Connaissant un peu le personnage qu’est Bertrand PERIER, depuis que je l’ai découvert dans le film “à voix haute” et vu à maintes reprises dans diverses émissions, je savais que ce livre n’allait pas être indigeste comme certains peuvent l’être en abordant une thématique de développement personnel. En revanche je ne m’attendais pas à ce qu’il soit aussi didactique. Quand j’ai commencé à entendre parler des concours d’éloquence il y a quelques années c’était pour moi une pratique réservée à une élite, une chose qui ne me concernait pas. Mais en parcourant les chapitres du livre j’ai pris conscience que nous pratiquions tous l’éloquence au quotidien : un avocat au tribunal qui porte la voix de son client, lors d’un entretien d’embauche, pendant une réunion de travail, une communication de crise dans l’entreprise et encore bien d’autres situations. Voilà pourquoi je dis qu’il faut que tu lises ce livre car tu vas forcément y trouver des clés précieuses.

Exemple d’exercice proposé : LA BATTLE

Deux orateurs s’affrontent sur un sujet de société. L’un défend le pour, l’autre le contre, devant un public. Mais plutôt que de parler l’un après l’autre, ils parlent ensemble, côte à côte (sans toutefois empiéter sur l’espace du voisin). Le gagnant est celui des deux qui aura réussi à capter l’attention du public.

 

:: LA PAROLE COMME ART DE VIVRE

Il s’est passé quelque chose d’étonnant au fil de ma lecture. Je me suis régalé des histoires, des conseils, des exercices et je pense que ça m’aurait déjà suffit mais Bertrand PERIER a réussi à faire renaître en moi un amour des mots, une envie de pratiquer davantage l’art de la parole en public. En un livre, une petite journée de lecture il a réussi ce petit miracle. Pour l’auteur l’art oratoire est bien plus qu’une pratique, c’est un art de vivre qui doit devenir partie intégrante de mes habitudes de vie. Car au-delà des exercices proposés et des conseils pratiques qu’il donne, il vient me stimuler avec des concepts ravivant des petites flammes qui s’embrasent pour former un grand feu à la fin du livre.

De base j’aime lire donc il n’a pas eu d’effort à fournir sur ce point mais chose incroyable il m’a redonné l’envie d’utiliser un dictionnaire papier, car en cherchant un mot dans le dictionnaire j’en “caresse d’autres” au passage ; l’envie d’écrire encore et toujours plus ; l’envie de prendre le risque d’improviser et saisir toutes les occasions pour s’entraîner comme pendant le fameux “gigot dominical” qu’il aime tant citer en exemple ; et surtout, l’envie d’acquérir une parole utile. Il ne sert à rien de parler pour parler, de vouloir juste remplir l’espace, j’aurais bien plus de poids et d’impact si j’ai une parole réfléchie avec des mots choisis rendant mon discours réellement pertinent. C’est un livre qui en plus du plaisir de la lecture va te mettre en mouvement.

 

Exemple d’exercice proposé : LE BUZZER A “EUH”

Je vous invite à pratiquer l’exercice du buzzer à “euh”, à deux ou en groupe. Dès que l’orateur prononce un “euh”, ses auditeurs tapent sur la table. Au départ, cela fait sursauter, mais c’est une bonne manière de prendre conscience de ce tic affreux dont nous avons tous du mal à nous départir. On peut également le faire tout seul, on sera ainsi son propre juge à “euh”.

 

En conclusion, c’est non seulement un livre à lire, mais surtout un livre à vivre !

 


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